Madagascar est peuplé par 18 ethnies différentes, ce qui fait son authenticité et sa particularité avec chacune ses traditions, son dialecte, ses coutumes et ses rituels.

Lorsqu’on parle d’Ethnie à Madagascar, c’est dans le but de différencier une communauté d’une autre et chacune reste bien attachée à leurs traditions et coutumes avec une cohabitation généralement pacifique grâce à un respect mutuel entre chaque ethnie. Malgré les différences entre chaque ethnie, la langue officielle parlée à Madagascar est le malagasy, parlé et compris par tout le monde. La sympathie, le dynamisme et le Fihavanana sont les forces qui unissent la grande île.

Nous avons donc le plaisir de vous partager cette diversité qui fait  notre authenticité.

 

Antakarana

La partie Nord de l’île est peuplée par le foko Antakarana signifiant : ceux qui peuplent les tsingy.  Le massif de l’Antakarana, comprenant de nombreuses grottes et Tsingy ou pics rocheux calcaires, aurait servi de refuge providentiel au peuple Antakarana lors des nombreuses guerres et sièges qui ont secoué cette région de Madagascar. Ce massif est également un lieu de repos éternel pour les premiers rois de la région et abrite leurs sépultures. Ils pratiquent surtout la pêche et l’élevage bovin.

Bara

Le peuple Bara vit dans les plateaux du Sud de Madagascar. Les grands et forts Bara sont une ethnie composée de pasteurs nomades qui parcourent les grands espaces à la tête d’immenses troupeaux de zébus, symbole de richesse et fierté de tout un peuple.
Le vol de bétail, encore d’actualité, est une tradition ancestrale de l’ethnie. Acte glorieux et courageux, plein de séduction, par lequel, le Dahalo (voleur de bétail) prouve sa bravoure et ainsi reçoit les faveurs des belles demoiselles Bara. Dès leur plus jeune âge, les Bara sont initiés au rodéo ainsi qu’à la lutte à mains nues appelée Ringa

Mahafaly

« Mahafaly » signifie « qui rend heureux » ou « qui rend tabou ». Ce sont des petits groupes de pasteurs vivant dans des conditions extrêmes, se nourrissant de tubercules sauvages et ont un amour immodéré pour les bœufs. Ils ont le culte des morts et leur art funéraire, très particulier, est caractérisé par l’érection d’Aloalo, sortes de poteaux de bois sculptés représentant des scènes de la vie quotidienne et des animaux, sur les tombeaux de leurs défunts. Les Mahafaly sont très manuels et leur artisanat est de plus en plus connu et recherché. Ils se distinguent dans la sculpture du bois, l’orfèvrerie et les tatouages.

Antandroy

Peuplant l’extrême Sud de la Grande île, Antandroy signifie : « ceux des épines ».

Cette ethnie est ancrée dans une culture pastorale puritaine de bovidés et de caprins.  Communiquant dans un dialecte malayo-polynésien, ils vivent dans la partie la plus aride de l’île, ainsi, ils ne pratiquent que cultures vivrières. Connu comme étant des grands guerriers courageux, ils pratiquent également le culte de la mort où le zébu  tient une place importante: un signe de richesse et de notoriété.

Pratiquant l’art divinatoire, les Antandroy prennent toujours conseils de leur Devins « ombiasy » pour tous les évènements importants. Leur cercueil est constitué de deux troncs d’arbres vidés qui sera violemment secoué au cours d’une danse funéraire avant d’être enterré

Vezo

Les Vezo sont installés plus exactement dans la partie Sud-Ouest de Madagascar, appelés « peuples de la côte », ils sont des pêcheurs nomades et on peut dire qu’ils sont les plus attachés à la mer puisque celle –ci, à part le fait d’être leur mère nourricière, elle leur sert également de refuge en cas d’attaque des autres ethnies. Les Vezo sont connus pour leur habileté au maniement de leurs embarcations. Pour eux, pêcher plus qu’il n’en faut est braver un interdit qui pourrait leur coûter la vie puisqu’ils ne pêchent que ceux dont ils ont besoin pour se nourrir.

Leurs tombeaux sont faciles à reconnaître par les statues érotiques faites en bois dressées au-dessus des tombeaux éparpillés dans les dunes.

Sihanaka

Les Sihanaka, dans la région du Lac Alaotra sont des grands riziculteurs et la région qu’ils occupent est actuellement le plus grand grenier à riz de Madagascar. Tout en sachant que la culture du riz nécessite de l’eau, de la pluie, des rituelles concernant l’agriculture sont pratiquées par les Sihanaka. A part la riziculture, ils pratiquent également la culture vivrière comme le maïs, le manioc, les légumes ainsi que la culture d’arachides.

Egalement reconnu comme d’excellents pêcheurs et spécialistes de la riziculture irriguée, on trouve également de plus en plus de familles se lançant dans l’élevage. Le mois de juin est une période bienheureuse pour la région car la production est au sommet, et seuil des différentes fêtes comme la pratique du culte des ancêtres et des circoncisions.

Sakalava

Peuplant toute la partie Ouest de l’île, les Sakalava ou « ceux des grandes vallées »  ne constituent pas vraiment un peuple homogène mais un ensemble d’ethnies diverses.

Les Sakalava pratiquent également le culte des ancêtres, leurs tombeaux sont en bois, décorés de statues érotiques qui symbolise la procréation, la continuité après la mort et des bucranes.

Ayant une croyance particulière basée sur dix points essentiels dont le respect d’une puissance supérieur des ancêtres, des astres et du « fihavanana ». Coté vestimentaire, un point qui marque cette ethnie, les hommes mettent un lambahoany autour de leur taille quant aux femmes elles en portent deux : kisaly et Salovana : l’un s’enroule autour de la poitrine et l’autre s’enroule autour de la tête.

Les Sakalava font paître leurs troupeaux de zébu dans la savane et cultivent du maïs,  du riz et du manioc dans les vallées.

Antaisaka

Peuplant la partie Sud-Est de Madagascar dans la région de vangaindrano, connus comme étant des guerriers courageux et redoutables. Ce qui leur différencie des autres c’est leur tabou ou « fady » : travailler sur les terres d’un autre ou encore demander de l’argent contre un travail sont interditsles chiens sont également tabou chez les Antaisaka puisqu’ils les considèrent comme impurs.

Ils sont de grands cultivateurs : de riz, de patates douces et des fruits tropicaux et pour nourrir sa famille, les hommes travaillent dans les champs et dans les usines d’exportation de vanille, girofle, poivre et café.

Antaifasy

Les Antaifasy sont ceux qui vivent dans les sables et on les rencontres dans la partie Sud-Est de Madagascar, dans la région de Farafangana.

Les us et coutumes traditionnels sont respectés à noter l’art funéraire : les défunts sont enterrés au fin fond de la forêt avec ses bijoux, ses armes ou autres. Le respect de la hiérarchie est également important pour les Antaifasy pour assurer la pérennisation de leurs traditions.

Les Antaifasy vivent de la pêche et de la chasse ainsi que de la culture d’exportation du café et du girofle.

Antambahoaka

Les Antambahoaka vivent aux rives de la rivière de Mananjary. Cette ethnie est connue pour le « Sambatra », un rituel de circoncision collective qui se déroule tous les 07 ans, un moment de festivité rythmé par la danse et la musique traditionnelle et pendant laquelle l’alcool coule à flots. Cet évènement leur permet également de renforcer leurs relations: le « fihavanana ».

A part le Sambatra, les Antambahoaka sont également connu pour le « fady kambana« , ou « tabou des jumeaux ». Ces derniers sont considérés comme une malédiction ainsi autrefois, ils étaient tués mais aujourd’hui, ils sont abandonnés. Certains gardent l’un et l’autre enfant est remis aux associations pour adoption ou aux religieuses.

Antaimoro

Les Antaimoro ou « ceux du rivage », vivent également dans le Sud-Est de l’île, dans la région de Vatovavy-Fitovinany.

Connus pour la maîtrise de l’art divinatoire des devins ou « Ombiasy » pratiquant le « skidy » ou « hasina », science touchant l’astrologie. Ancrés dans la tradition, cette ethnie réalise tous les évènements en suivant les recommandations transcrite au Sorabe par les ascendants.

Les cérémonies et festivités importantes sont effectuées selon des règles très strictes. Pour ce qui est du mariage, le futur marié ne pourra en aucun cas choisir une femme de rang supérieur au sien. Egalement connu pour la fabrication du fameux « Papier Antemoro ».

Antanosy

Les Antanosy occupent la partie Sud-Est de Madagascar, dans la région de Tolagnaro, plus connu sous le nom de Fort-Dauphin.

Connus comme étant des valeureux guerriers, ils vivent de la pêche, de la riziculture, et de l’élevage, ce sont également des forgerons et d’habiles charpentiers. Pour ce qui est de l’art funéraire, le défunt est enterré dans une sépulture collective, et dans le village, une pierre est levée et érigée en sa mémoire. Cette pierre est considérée comme abri de l’esprit du défunt et fait l’objet d’un culte pour demander protection et bénédiction.

La région étant connue pour les langoustes, entre mai et Juin, une festivité est célébrée chaque année en cette occasion : le « Feria Oramena »

Betsimisaraka

Les Betsimisaraka ou « les inséparables »  occupent la partie Est de Madagascar, de Mananjary à Antalaha.

Etant un peuple sédentaire, ils vivent de la pêche, de l’agriculture et de l’artisanat. Tout comme les autres ethnies, les Betsimisaraka pratiquent le culte des morts : le retournement des morts ou « Famadihana » afin de demander bénédiction et protection aux ancêtres, c’est également une occasion pour renforcer le « Fihavanana » entre les familles.

Outre le Famadihana, le « To-laza », une circoncision collective qui s’étend sur 15 jours pendant l’hiver austral fait partie des us et coutumes célébrée par les Betsimisaraka.

Ils cultivent majoritairement du riz mais également des produits d’exportation comme le café, le girofle, la vanille, le poivre et les litchis

Merina

Les Merina occupent le nord des Hautes Terres Centrales, gravitant la région d’Antananarivo. Ils ont marqué l’histoire du pays par de nombreuses expéditions qu’ils menèrent partout sur le territoire. Ils furent également les premiers à s’ouvrir aux étrangers pour acquérir leurs savoirs et pour les aider dans leurs conquêtes. Pour le culte des Morts, ils pratiquent également le « Famadihana » ou retournement de morts entre Juin et Septembre, une festivité qui dure 03 jours et qui consiste à recouvrir les défunts dans la tombe familiale par un nouveau linceul ou « lamba mena ». Tous les  évènements, à citer le famadihana, la circoncision, le mariage ou « vodiondry », la fête du nouvel an ou « Asaramanitra »  sont rythmés par la musique traditionnelle  « Hira Gasy »,  animés par des allocutions « Kabary » sans oublier le sacrifice de zébu ou « Joro ». 03 Castes sociales sont rencontrées chez les Merinas : les Andriana (nobles), les Hova (roturiers) et les Andevo (esclaves).

Les Merinas sont majoritairement agriculteurs et éleveurs.

Tsimihety

Occupant la partie Nord-Ouest de l’île,  le territoire Tsimihety est enclavé entre celui des Antakarana, des Sakalava, des Betsimisaraka et des Sihanaka. « Tsimihety » : ceux qui ne se coupent pas les cheveux, baptisés ainsi suite à leurs refus de se couper les cheveux pour le deuil du Roi Radama I.

Ayant un mode de vie communautaire, dirigée par des sages nommés Sojabe, l’ethnie n’a jamais connu d’organisation politique en royaume ou en chefferie. Les Tsimihety pratiquent le « tromba » : un rite pour évoquer un esprit d’un roi défunt. Ils vivent de la riziculture, de l’élevage de bétails, et des volailles et l’apiculture. Ils cultivent également du Tabac pour l’exportation.

Tanala

Les Tanala ou « ceux qui vivent dans la forêt » occupent la partie Sud-Est de Madagascar.

Ils ne firent jamais allégeance au Royaume et tiennent plus que tout à leur liberté. Comme toutes autres ethnies, ils sont attachés à leurs traditions et observent divers rites dès la naissance d’un enfant à sa mort.

Ils pratiquent la chasse et la culture du riz sur brûlis ou « tavy », technique qui consiste à cultiver le riz sur des terrains déboisés par le feu.
Pour les Tanala,  les hauteurs sont habitées par les personnes les plus âgées tandis que les jeunes vivent en contre bas.

Betsileo

Occupant le Sud des Haute Terres Centrales, betsileo ou « Les nombreux invincibles »  comprend 04 castes qui régissaient la société : Les « Hova »,  les « Andehova », les « olom’potsy » et les « Andevo ». Dans chaque village, le chef ou « Ray aman-dreny » veille au respect des traditions.

Chez les Betsileo, il est obligatoire d’avoir un coin pour les ancêtres dans chaque foyer. Selon la tradition Betsileo, lorsque l’on est invité à une fête, il est d’usage d’apporter un petit sac de riz que l’on remettra au « Ray aman-dreny ».

Très réputés comme étant des grands riziculteurs, ils savent développer différents systèmes d’irrigation dont la majorité de la production est destinée à l’autosubsistance.

Bezanozano

Les Bezanozano ou « ceux aux nombreuses petites tresses », concentrés sur la ville de Moramanga, organisés en petit clans, ils plaçaient leurs villages au sommet des collines pour se protéger.

Egalement attachés aux traditions, il est interdit aux femmes enceintes de s’asseoir au seuil de la porte et doivent rester loin des choses laides ou repoussantes afin d’éviter que l’enfant naisse difforme.

Chez les Bezanozano, un enfant ne peut être accepté dans leur clan qu’après avoir eu sa première coupe de cheveux et être circoncis.

Les bezanozano sont majoritairement éleveurs et agriculteurs spécialisée dans la culture du riz.